Sur mon arbre, mon vertige et moi

Quand on a que le vertige comme seul bagage identifiable et permanent qui puisse avoir un impact sur l’idée de grimper dans un arbre, il n’est pas évident de tenter l’aventure de « l’accrobranche ». Choses vues et ressenties au Parc Aventure de Penzé, près de Morlaix, dans le Finistère, à la pointe de la Bretagne. Nous sommes dans un parc du réseau ÉcoPark.

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Il est des activités naturelles, qu’on place en tête des loisirs pendant un séjour touristique : enfiler des chaussures de marche et faire quelques kilomètres au bord de la mer, se prélasser en lisant les romans qui nous tomberaient des mains en période de travail ou chiner dans les brocantes et les vide-grenier à la recherche de l’objet qui illustrera une anecdote approximative… Quand on a passé l’âge de faire des prouesses physiques pour impressionner une assistance juvénile, on ne se lève pas le matin en se disant : »tiens si je passais quelques heures à crapahuter à quatre mètres de haut ! ». Et pourtant, nos réflexes de « marketteurs » touristiques est souvent de connecter entre eux les poncifs… monter dans les arbres, c’est pour les jeunes…

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Le vide ? Même pas peur !

J’ai le vertige. C’est comme ça. C’est plutôt pratique parfois… Parfois, c’est un peu compliqué quand il s’agit de garder un air détaché pour la photo tandis qu’on est agrippé à la pierre au sommet d’un clocher ou sur un escalier à l’air libre… C’est du vécu. Mais dans un parc aventure, si le vide est présent et visible, la tyrolienne vous fait vous en moquer. La première glissade dans le vide vous fait comprendre qu’équipé d’un harnais attaché à la ligne de vie, vous risquez de grandes sensations et tout au plus le ridicule. Louper la poignée à l’arrivée de la tyrolienne est si vite arrivé !

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Je me concentre

À cinquante centimètres de hauteur ou à quelques mètres, le dispositif est le même : il faut garder au minimum un mousqueton sur la ligne de vie. Ce qui devient un réflexe mais on ne gâche rien à réfléchir à deux fois. Je résume : j’arrive sur la plate-forme, je m’attache, je me détache en deux fois et me fixe au câble de l’atelier, je peux désormais avancer. Je pose les pieds sur un support étroit, mouvant, voire même instable. Quand on a réglé le problème du vide (voir paragraphe précédent), l’esprit est occupé, obsédé, par l’action du moment. « Après ça, je fais quoi… » L’effort de concentration est tel que l’atelier passé, le parcours achevé, vous ressentez d’abord une forme de fierté d’y être arrivé et une envie d’y retourner.

Conditions physiques

Le seul frein, qui peut être une motivation après tout, c’est de disposer d’une condition physique rodée et d’une certaine souplesse. Être ridicule parce que vous avez ripé en arrivant sur le bas de la tyrolienne et se retrouver dos à l’arbre de réception, à devoir monter sur la plate-forme qui est grosso-modo au niveau de votre tête… ça n’arrive pas tous les jours… même aux plus bricoleurs d’entre nous… Cette situation nécessite un certain effort, que vous assumez tranquillement. Rien ne presse. Et que vous paierez plus tard,quand certains muscles que vous pensiez déserteurs se rappellent à vous pendant les jours qui suivent. Bon, vous êtes un peu venu pour ça…

Si vous êtes un peu affuté, habitué à réaliser quelques mouvements de sportifs tout au long de l’année, les sommets vous attendent !

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Pas cap !

Les adolescents, qui peuvent tout, parlent de l’accrobranche comme d’une séance d’échauffement. Je vais faire le parcours « aventure », le parcours « acrobate », puis le « sportif »… Mais selon l’adage (adapté), c’est « au pied de l’arbre qu’on voit le voltigeur ». Après les quatre ateliers d’initiation, quelques secondes d’hésitation au moment de se lancer 70cm de vide sous les semelles, le parcours « découverte » et le parcours « famille » deviennent brusquement intéressants, « pour commencer ». Et si par hasard, les parcours les plus sévères ne se libèrent qu’au moment de quitter les lieux, c’est que les circonstances n’étaient pas favorables ou l’organisation des parents était défaillante, « comme d’habitude ». Cette dernière explication est grosse mais elle est très pratique.

Donc, pour résumer, l’accrobranche, ce n’est pas naturel mais en pleine nature, c’est haut-perché mais tu as autre chose à penser, tu t’appuies sur tes pieds mais tes bras aident, c’est une activité physique mais le plus motivé dégoûte les autres. Alors, vous aussi, goutez-y !

Test réalisé à l’ÉcoPark de Penzé, à quelques kilomètres de Morlaix et de Carantec, à la Pointe de la Bretagne, dans le nord du Finistère.

Voir aussi ce test réalisé en 2011.

 

Fêtes maritimes « Entre Terre et mer » 2013 depuis le Reder Mor

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Pour en savoir + sur le Reder Mor, cliquer sur la photo

Tous les deux ans, la Baie de Morlaix s’anime autour des « Fêtes maritimes Entre Terre et Mer ». Des dizaines de vieux gréements gagnent le littoral du Finistère nord pour régater ou se faufiler entre les îlots de la Baie. Ce vendredi 28 juin au matin, temps couvert et bonne brise. Le Reder Mor embarque une dizaine de personnes pour une virée entre l’Île Louet et le Château du Taureau, au coeur du spectacle.

Le Reder Mor est le bateau du patrimoine de la Baie de Morlaix. Surnommé le « sloop à cul de poule » de Roscoff, au temps de son exploitation première, il était construit pour transporter du poisson, depuis les bateaux de pêche qui croisaient au large, jusqu’au littoral où il changeait de moyens de transport et prenait le train pour filer immédiatement vers les terres. Contrairement aux lourds bateaux de pêcheurs qu’on trouve partout sur le littoral breton, le Reder Mor est construit pour être performant. Plus il accède rapidement au quai, plus le poisson est frais et mieux il sera vendu. C’est sur le plan de ce bateau historique que l’association Reder Mor a produit une réplique pour le rassemblement de Brest 1992.

« Entre Terre et Mer 2013 » est l’occasion pour la Maison du tourisme Baie de Morlaix – Monts d’Arrée de convier les deux territoires voisins, du Léon et de Lannion, histoire de discuter, en passant, de la future « Destination Bretonne » que nous intégrerons dans les prochains mois.

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La Cancalaise en ligne de mire !

Entre le Château du Taureau et l’Ile Louet…

 

Office de tourisme de Locquirec: Sur les quais

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C’était l’histoire d’un aquarium posé sur les quais, dominant une des rares plages donnant au sud dans le Finistère Nord, et entouré d’une couronne de restaurants et de bistrots à terrasse. C’était l’histoire d’un bâtiment qui n’aurait pas de véritable acte de naissance, qui n’existerait pas en fait, bien qu’il abriterait l’office de tourisme de Locquirec depuis Office de Tourisme de Locquirecquelques décennies. En arrivant sur le port de Locquirec, dernière enclave avant les Côtes d’Armor, on ne peut pas le manquer: à travers lui, on aperçoit la côte de la Lieue de Grèves, et la mer si elle est là, le sable et les bateaux sur leurs quilles si elle est partie. Pendant les horaires d’ouverture, quelques mouvements en ombre chinoises, souvent deux personnes qui se parlent, l’une questionnant, l’autre répondant. On échange quelques documents, on se connecte à la wi-fi dans son coin (bon, sur la plage s’il fait beau parce que les vitres laissent passer les ondes…), on se repère sur la carte du sentier côtier en s’appuyant sur des bâtons de marche nordique, on s’abrite quelques temps avant de repérer la chaise bistrot dans les troquets d’en face, on profite de la vue, « stompé » par le spectacle, se promettant de faire du « reuz » une fois revenu à la maison…

L’aquarium s’est refait le corail à neuf: la banque d’accueil rigide à l’ancienne qu’il fallait contourner pour passer côté visiteur ne fait plus barrage. Désormais, deux mini-comptoirs, tout en rondeur, libèrent de l’espace au centre de la pièce et les mouvements des agents d’accueil, Anne et Marion. Le blanc et l’anthracite relevé par quelques discrètes lignes de leds adressent un clin d’oeil à la marque « Bretagne ». Ici, c’est la Bretagne; ici, c’est le Finistère, « la Bretagne, qu’il manquait à vos vacances »; ici c’est Locquirec, au bout du Trégor Finistérien, au centre du Trégor historique; ici c’est Locquirec la presqu’île qui entretient une façon toute personnelle de fonctionner, une légèreté qui cache mal une détermination toute bretonne et une envie de n’en faire qu’à sa tête.

Qui n’est pas originaire de Locquirec est déboussolé en sortant de l’office ! Prenez le sentier côtier vers l’est et vous vous dirigez vers Guimaëc et le littoral du Finistère, en passant par le tour de la Pointe – cherchez l’erreur. Prenez le sentier côtier vers le sud et c’est rapidement la frontière des Côtes d’Armor, le pont qui enjambe le Douron qui s’offre à vous. Le Finistère à l’est et les Côtes d’Armor au sud: Locquirec, une expérience bretonne !

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En savoir plus sur Locquirec ? Cliquez sur l’image !

Lanvaudan, le petit Locronan, en Morbihan

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Il y quatre routes qui mènent au bourg de Lanvaudan, venant de Plouay, Inzinzac-Lochrist (Hennebont), Inguiniel ou Calan (Lorient). En entrant dans le bourg, sur chacun de ses axes, on passe devant une maison d’un parent proche: cette information aussi stupide qu’anecdotique m’est très personnelle et m’autorise à affirmer que je suis originaire de là. Mais, ce qui rend intéressant le bourg de Lanvaudan c’est cette sensation, arrivé sur place, d’avoir déniché un des plus beaux villages de Bretagne.

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La maison « Arthur et Marie »

Quel est le cliché de l’habitat traditionnel en Bretagne ? Une maison en pierres de taille et toit de chaume, une longère, devant laquelle on vient de planter un hortensia. Lanvaudan est, dans cette logique, une enfilade de clichés. Autour de l’église, les longères y sont majoritaires, le granit la couleur dominante, le chaume un signe d’excellence… Contrairement à d’autres bourgs bretons, Lanvaudan, sans doute par manque d’ambition ou d’argent, n’a pas connu au cours du XXè siècle la mutation architecturale classique qui consistait à remplacer l’habitat paysan traditionnel, sombre et malcommode par la maison cubique, blanche, surmontée d’un toit en ardoise à deux pentes… Pendant des décennies, les habitants de la commune préféraient construire sur les terrains environnant plutôt que de détruire les anciennes maisons pour libérer les parcelles. Le bourg s’est peu à peu décalé de part et d’autre des maisons traditionnelles, qui étaient laissés à l’abandon pendant des décennies. La plus célèbre d’entre elles, la Maison à la niche au chien, la plus proche de l’église, était, dans les années 70, réduite à quatre murs abritant des ronces.

Les années 70 ont été un tournant comme souvent dans la façon d’appréhender ces ruines. Le granit devenait de plus en plus la touche de distinction dans l’architecture néo-bretonne. Certains propriétaires, les plus prospères  n’hésitant pas à passer commande de linteaux sculptés qu’on achetait aux paysans pour les intégrer aux constructions neuves (le même phénomène a eu lieu dans le Trégor pour se doter d’ardoises du Pays devenues

Le Gîte "Le Roseau"

Le Gîte « Le Roseau »

rares). Dans le même temps, les enfants qui avaient grandi dans les longères et s’étaient libérés de la « pénombre » et du sol en terre battue restaient perplexes quand les premiers rénovateurs se sont mis au travail. Les premières maisons neuves entièrement en pierres de taille ont précédé la rénovation de maisons anciennes. Et petit à petit, l’ancien habitat, parfois transformé en écurie, prenait plus de valeur que la banale bâtisse de forme carrée construite, tout à côté, au début du siècle.

Le bourg de Lanvaudan apporte une excellente lecture sur ces phénomènes. On y trouve tous les cas de figure:

– la longère rénovée dans le respect de son histoire (la majorité des maisons remarquables)

– la maison du début XXè dont on a  retiré l’enduit pour mettre à nu une pierre parfois hétéroclite

– la maison entièrement en granit d’une cinquante d’années

– la maison à façade de granit sur un côté (côté église) par décision conforme de l’architecte des Bâtiments de France

– la maison blanche classique, avec ou sans élément de pierre apparente

– le linteau en béton en guide de cicatrice après ablation du linteau sculpté original

P1070376Le bourg de Lanvaudan vaut le détour, comme disent les journalistes. Mais cette information est une des moins partagée à destination des touristes en Bretagne. Il est d’ailleurs très fréquent que les bretons eux-mêmes confondent Lanvaudan et Landévan, dont le nom est visible sur un des axes principaux de Bretagne sud, la RN 165. Cette relative indifférence fait partie du charme de la découverte.

Parfois, on raconte que Lanvaudan était en concurrence avec Locronan pour recevoir les faveurs de l’État pour la préservation de son patrimoine… et que la commune finistérienne a finalement été choisie. Mais s’agit-il d’une rumeur ?

En breton, Lanvaudan se dit « Lovedan ».

À découvrir sur place:

Les jouets en bois « Arthur et Marie »

Le gîte de groupe « Rando Accueil » « Le Roseau »

À quelques kilomètres du bourg, à Sebrevet: Le Moulin de SebrevetLa crêperie de Sebrevet et Le Blavet,

Balade en Baie de Morlaix sur le Château du Taureau

Week-end de la Pentecôte 2012, soleil sur la Baie de Morlaix, en Bretagne. La traversée la plus longue jusqu’au Château du Taureau, et donc la plus passionnante part de Plougasnou (port du Diben). C’est une vraie balade en Baie de Morlaix. Une trentaine de minutes  en bateau pour se rendre au Château avec les commentaires du patron du bateau de la Compagnie des « Sept Îles ».

Marc, Françoise, Dimitri et Justin viennent régulièrement sur Morlaix mais c’est la première fois qu’ils décident de rester pour « jouer aux touristes ». Deux jours intenses avec une première balade sur l’Île de Batz le premier jour et le périple sur le Château du Taureau le second. « Le sud de la Bretagne est magnifique, c’est vrai. Mais quand on y habite on a vraiment tort de ne pas venir voir de l’autre côté, près de la Manche. Et puis, eh ! il n’y a pas que Saint-Malo et la Côte de Granite Rose en Bretagne Nord ! »

La route côtière qui part de Morlaix vers Plougasnou est l’occasion de découvrir le littoral de la Baie de Morlaix, côté Trégor. De Morlaix partent deux routes côtières quasimment continue jusqu’à Carantec d’un côté, jusqu’à Locquirec de l’autre. On pourrait presque profiter de tout le paysage sans sortir de la voiture ! Après le port de plaisance de Morlaix qu’on laisse à notre gauche, nous longeons la rivière de Morlaix dont le lit s’élargit de plus en plus jusqu’à se confondre avec la Manche dix kilomètres plus loin. La côte nord de la Bretagne est une merveille et la Baie de Morlaix est, avec les Abers, un des meilleurs exemples du Finistère. De l’autre côté de la rivière, Locquénolé, la plus petite commune du Finistère, qui toute entière est tournée vers son voisin d’en face, la quartier de Dourduff en mer sur la commune de Plouezoc’h, qu’on voit posé là sur une frange escarpée de la côte : une succession de maisons surplombent un petit port ostréicole, dont les barges, au repos, attendent tranquillement de reprendre du service.

Le Dourduff en mer

Au loin, la ligne d’horizon dessine de petits îlots, tous différents. C’est ici que nous apercevons pour la première fois, la silhouette trappue du Château du Taureau.

La route s’enfoncent tranquillement dans la campagne, s’élève sur le plateau du Trégor en longeant la rivière du Dourduff, pour accéder au centre-bourg de Plouezoc’h. Et puis, c’est la descente en douceur vers Barnenez (que certains appellent la « Principauté de Barnenez »…) où se trouve un des plus vieux monuments historique au monde, le Cairn de Barnenez (7 000 ans, plus vieux que les pyramides), que l’on aperçoit furtivement depuis la route.

Le Cairn de Barnenez (photo Monum)

Après le Camping de la Baie de Térénez, un promontoir qui s’ouvre sur un panorama spectaculaire et unique : une vue dégagée les îlots de la Baie, sur le port de Térénez et  jusqu’à Roscoff, en passant par les clochers de Saint-Pol de Léon (le Kreisker et la Cathédrale) et la pointe du littoral de Carantec. Un avant goût.

Au port du Diben, le bateau arrive, s’engage dans le chenal au bout de la digue et vient accoster sur la cale, à proximité des bateaux de pêche et de la vedette de l’école de plongée de Plougasnou, qui propose en saison une balade à la palme pour nager au milieu des phoques gris de la Baie. Ce sera pour une autre fois.

Bertrand, le gardien du Château du Taureau s’asseoit en haut de la cale et accueille les visiteurs en distribuant les tickets. Une trentaine de personnes ce jour-là. Nous prenons place à l’avant du bateau pour profiter au maximum du paysage et disposer d’une vue panoramique sur la Baie. Sur la pointe de Primel-Trégastel, toute proche, que nous loneons en sortant du port du Diben, deux personnes pratiquent l’escalade. Les rochers de Primel sont connus pour être un excellent spot de varappe.

Les rochers de la Pointe de Primel Trégastel

Au nord-est à quelques encablures de nous, les rochers de la Méloine et leurs habitants qui nous observent probablement de leurs grands yeux avant de plonger chercher leur nourriture : les phoques gris. Mais nous ne les distinguons pas, même pas à la jumelle.

Le temps est dégagé, grand soleil et quelques nuages de temps en temps, qui filent au dessus de nous, poussés par le vent très présent au large mais agréable. Comme toujours en Bretagne, « il y a de l’air » et on la respire à pleins poumons dès qu’on s’écarte de la côte.

Pendant la traversée

Pendant toute la traversée, Ronan commente la Baie de Morlaix : l’anse de Térénez, le Cairn de Barnenez, l’Île Noire dont on dit qu’elle a inspiré Hergé pour l’album éponyme, l’Île Louet que nous verrons de dos, avec la lanterne du phare qui dépasse de la végétation, l’Île Callot dont on aperçoit le relief au bout de la PresquÎle de Carantec, le Léon qu’on distingue au loin, Saint-Pol, Roscoff, l’Île de Batz…

L’arrivée au Château du Taureau

Le Château du Taureau grandit petit à petit, jusqu’à devenir un mastondonte qu’on aborde par une petite cale en bois. Il faut grimper les escaliers, passer le pont levis et c’est un autre monde : une cour intérieure percée de nombreuses portes voutées à double battants et de passages mystérieux qui conduisent à des escaliers en granit ou à des pièces ouvertes sur la mer par une étroite meurtrière. La guide du Château accueille les visiteurs chaleureusement et présente en quelques minutes l’histoire de la bâtisse, fort de défense, garnison, prison, centre nautique et même « maison secondaire » pour Mme Lévèque de Vilmorin (veuve du célèbre grainetier) qui, après avoir convaincu l’État de le lui louer, y invitait les « happy few » entre 1930 et 1937. À partir de 1998, le Château du Taureau est l’objet d’une restauration par son propriétaire, l’État : 6 ans de travaux pendant lesquels 190 blocs de granit sont changés. Depuis 2006, le Château est accessible à la visite du public, dont la gestion est confiée à la Chambre de commerce de Morlaix, qui y propose une exposition et une boutique. Outre le dédale de pièces sombres et mystérieuses, dont le cachot de Blanqui, le communard, qui y sera interné à partir de mars 1871, le clou du spectacle se situe sur le toit, une ronde ouverte de tous côté vers la Baie de Morlaix. Le plus beau de tous les points de vue !

L’accueil au Château

La cour intérieure

Chacun peut découvrir le château comme il l’entend, toute la famille réunie ou les enfants d’un côté les parents de l’autre. Ce jour-là, sur un nid à même le granit, trois œufs de goëlan étaient sur le point d’éclore, les poussins semblant communiquer entre eux par de frêles « cui-cui », perceptibles de temps en temps, parfois couverts par les protestations des parents en vol stationnaire au dessus de la scène. À cet endroit de la Baie, la mer est turquoise, comme en Méditerranée, et laisse affleurer quelques rochers sur lesquels s’ébattent de nombreux oiseaux marins parmi lesquels des mouettes, des cormorans et un étrier-pie armé de son bec rouge long et courbé, pour « chasser » le coquillage, etc.

La tour du fort, située à l’ouest de la bâtisse accueille une terrasse qui domine de quelques mètres le toit du Château. Elle permet d’accéder à une vue panoramique unique, embrassant la Baie de Morlaix, dans son ensemble du Léon au Trégor, et une vue dégagée sur le Château en contrebas de quelques mètres.

Depuis la tour.

Sur le chemin (chenal) du retour, les ados s’allongent à l’avant du bateau : l’air marin et les courses dans les escaliers provoquent une léthargie mêlée de contentement chez les plus turbulents d’entre eux. Il n’est pas certain qu’ils racontent tous les épisodes de la journée à leurs camarades le lundi suivant…

Les ados au retour

Au retour

Aller au Château du Taureau depuis le port du Diben est la meilleure façon de découvrir aussi la Baie de Morlaix. Le temps de traversée est le double par rapport au parcours depuis Carantec (qui reste de fait le moyen le plus rapide de s’y rendre). Et surtout, une fois à terre, il est possible de poursuivre son périple jusqu’à Locquirec, en passant par l’enclos paroissial de Saint-Jean-du-Doigt et par la côte escarpée de Guimaëc (s’il vous reste des forces empruntez donc le sentier côtier du Prajou à Beg ar Fry – notre pointe du Raz à nous !).

Dire que la Baie de Morlaix est une des plus belles baies du Monde n’est pas mentir. La visite se termine toujours par un « whaou ! c’est génial ! ». C’est le cas pour d’autres baies en Bretagne, dont chacune présente des caractéristiques et une ambiance uniques. Ce qui est certain, c’est que pour réunir en un panorama les phoques gris, l’étrier pie, le pied à terre de Mme de Vilmorin, et l’Île Noire de Tintin, il n’y en a qu’une, c’est la Baie de Morlaix. Et quand, en plus, vous louez la Maison du gardien de phare sur l’Île Louet, mais ceci est une autre histoire.