Office de tourisme de Locquirec: Sur les quais

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C’était l’histoire d’un aquarium posé sur les quais, dominant une des rares plages donnant au sud dans le Finistère Nord, et entouré d’une couronne de restaurants et de bistrots à terrasse. C’était l’histoire d’un bâtiment qui n’aurait pas de véritable acte de naissance, qui n’existerait pas en fait, bien qu’il abriterait l’office de tourisme de Locquirec depuis Office de Tourisme de Locquirecquelques décennies. En arrivant sur le port de Locquirec, dernière enclave avant les Côtes d’Armor, on ne peut pas le manquer: à travers lui, on aperçoit la côte de la Lieue de Grèves, et la mer si elle est là, le sable et les bateaux sur leurs quilles si elle est partie. Pendant les horaires d’ouverture, quelques mouvements en ombre chinoises, souvent deux personnes qui se parlent, l’une questionnant, l’autre répondant. On échange quelques documents, on se connecte à la wi-fi dans son coin (bon, sur la plage s’il fait beau parce que les vitres laissent passer les ondes…), on se repère sur la carte du sentier côtier en s’appuyant sur des bâtons de marche nordique, on s’abrite quelques temps avant de repérer la chaise bistrot dans les troquets d’en face, on profite de la vue, « stompé » par le spectacle, se promettant de faire du « reuz » une fois revenu à la maison…

L’aquarium s’est refait le corail à neuf: la banque d’accueil rigide à l’ancienne qu’il fallait contourner pour passer côté visiteur ne fait plus barrage. Désormais, deux mini-comptoirs, tout en rondeur, libèrent de l’espace au centre de la pièce et les mouvements des agents d’accueil, Anne et Marion. Le blanc et l’anthracite relevé par quelques discrètes lignes de leds adressent un clin d’oeil à la marque « Bretagne ». Ici, c’est la Bretagne; ici, c’est le Finistère, « la Bretagne, qu’il manquait à vos vacances »; ici c’est Locquirec, au bout du Trégor Finistérien, au centre du Trégor historique; ici c’est Locquirec la presqu’île qui entretient une façon toute personnelle de fonctionner, une légèreté qui cache mal une détermination toute bretonne et une envie de n’en faire qu’à sa tête.

Qui n’est pas originaire de Locquirec est déboussolé en sortant de l’office ! Prenez le sentier côtier vers l’est et vous vous dirigez vers Guimaëc et le littoral du Finistère, en passant par le tour de la Pointe – cherchez l’erreur. Prenez le sentier côtier vers le sud et c’est rapidement la frontière des Côtes d’Armor, le pont qui enjambe le Douron qui s’offre à vous. Le Finistère à l’est et les Côtes d’Armor au sud: Locquirec, une expérience bretonne !

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Formation en alternance: allo ? allo ? non mais allo !

Deux contrats de professionnalisation, deux échecs. Comment interpréter la difficulté à intégrer des jeunes dans ce qui apparaît comme une excellente manière d’approcher l’environnement professionnel et l’apprentissage d’un métier: la formation en alternance ? Des attentes de l’entreprise à l’étudiant consommateur.

La démarche qualité est une sacrée montagne à franchir et le temps passé à la mettre au point est un surplus de travail qui bouleverse le fonctionnement habituel d’un office de tourisme, surtout si celui-ci gère sur l’année quatre points d’accueil. Pour coordonner nos procédures et autre respect des fiches instruction, nous avons besoin d’un temps plein sur deux ans. Peut-être aurait-il fallu demander à notre collectivité un CDD sur la période pour libérer notre référente qualité ? Le choix que nous avons fait est d’intégrer un étudiant en BTS Tourisme par la signature d’un contrat de professionnalisation, engageant les trois parties, l’étudiant, l’établissement scolaire et l’office. Nous sommes un acteur de la filière, avec des droits et des devoirs: concourir à la formation d’un jeune qui veut intégrer la filière est une sorte de contribution ultime, la prise en compte d’une forme de responsabilité collective léguée de fait par le caractère majoritairement public de nos ressources financières.

Front office

« Front office »

Octobre 2011, nous signons un contrat de professionnalisation pour deux ans, le temps nécessaire à la mise en oeuvre de la démarche qualité, avec un jeune étudiant de BTS qui se réoriente après une licence en université. Rupture du contrat en juin 2012 pour convenance personnelle. Été 2012, nouvelle essai avec une étudiante de la même filière et issue du même établissement. Il y a quelques jours, annonce brutale d’un arrêt unilatéral du contrat, pour, cette fois, une hypothétique réorientation.

L’objet ici n’est pas de mettre en cause les personnes, ni de faire une analyse sociologique « générationnalisante ». Mais d’essayer de comprendre. Et éventuellement de définir qui doit se remettre en cause.

– L’établissement scolaire ? Je le pense. Il y a un tel décalage entre le contenu de la formation dispensée et le contenu du travail sur le terrain que les deux volets du contrat en alternance peuvent apparaître comme des contraintes opposées et trop éloignées l’un de l’autre: le premier parce qu’apparaissant peut-être fictif par rapport au travail pragmatique à l’accueil; le second parce que dense, exigent et immédiat. Peut-être faudrait-il aussi que la direction de l’établissement ait plus de compétence en ressources humaines (au sens DRH) pour faire le lien entre les deux environnements. En deux années, il n’y a guère que des contacts administratifs entre les deux partenaires tuteurs de l’étudiant.

– La Maison du tourisme ? Sans doute. Mais la seule remise en cause possible et envisageable sera celle de ne plus valider ce type de contrat, de prendre acte qu’il y a forcément un décalage entre l’attente professionnelle qui est promise au départ et le besoin de materner, de bichonner des étudiants, encore lycéens. L’effort d’adaptation viendrait contredire l’objectif initial de libérer du temps de travail. Et le rapport entre le coût du contrat et son bénéfice réel est tout relatif s’il fallait le rapprocher d’une embauche à temps partiel.

– L’étudiant ? Certainement. Rappelons que les conditions de recrutement se font sous la base de rares opportunités, d’une « short-list » d’un, deux ou de trois noms. Ce qui ne se produit jamais dans une carrière professionnelle classique. De fait, l’entretien d’embauche est allégé et s’il peut laisser entrevoir des promesses en devenir à l’employeur et un début d’ambition professionnelle pour l’étudiant, il reste un ersazt de sélection, une forme de loterie où seul l’étudiant a la main. Renoncer à une candidature, c’est presque toujours renoncer au projet de contrat en alternance, celui-là même qui a été validé collectivement. Donner un accord pour l’employeur reste malgré tout « prendre sa chance », avec la fugace satisfaction de voir des perspectives, sincères au départ je l’espère, s’ouvrir pour un jeune (sans quoi la poursuite des études serait impossible…) Qu’il s’agisse d’un contrat de professionnalisation, d’un contrat à durée déterminée classique ou d’un contrat saisonnier, l’important est de prendre la période d’intégration comme une opportunité pour asseoir sa propre ambition, viser plus haut, plus loin, même sans aucune promesse ni perspective annoncée. On ne sait jamais.

"Back office"

« Back office »

Je ne vois pas, aujourd’hui, après deux échecs, comment techniquement anticiper les difficultés. Les candidats sont rares, le choix ténu, l’angle d’analyse quasi inexistant (pas d’expérience, pas d’échange consistant sur la vision du travail, pas de recul des candidats sur eux-mêmes, sur leurs envies…). Et, je ne sais pas en quoi l’image du métier (agent d’accueil en office de tourisme) que ces personnes apportèrent avec elles eurent un impact dans leur orientation et finalement en quoi la réalité n’a pas été conforme à cette idée. Le tourisme souffre parfois de poncifs plutôt favorables: un métier agréable avec une relation constante au public, avec priorité à la satisfaction du visiteur. Les poncifs sont parfois vrais mais ils sont toujours incomplets. Peu de personnes imaginent la densité du métier en « back office », l’exigence de rigueur, les enjeux économiques, l’attente des partenaires, celle des élus… Réduire le métier au front office serait comme réduire le métier d’une concession automobile à la livraison d’une voiture neuve. La main dans le cambouis à la sortie du lycée est parfois un choc.

Une certitude cependant: un étudiant qui signe un contrat en alternance est porteur d’une responsabilité collective, celle de rendre crédible pour toutes les parties signataires un dispositif qu’il portera individuellement. De l’échec ou de la réussite de son parcours pourra dépendre le renouvellement de tels partenariats dans les entreprises. Une autre certitude: l’étudiant n’aborde jamais les deux années d’alternance de cette manière. Au contraire, il devient consommateur, satisfait ou insatisfait, qui tourne les talons à la moindre contrariété. Ce qui ne porte pas à conséquence quand il s’agit d’un enseignement classique fait d’autres dégâts en situation d’alternance.

Comme on dit en termes administratifs, « pour valoir ce que de droit »… ce texte est destiné aux futurs candidats à un contrat de professionnalisation qui viendraient à se faire connaître auprès de nous. Bonne chance à eux.

Les Korollerien et le Bagad de Morlaix font un tabac en Pologne

L'affiche du 11 mai

L’affiche du 11 mai

 

La ville de Mielec, située au sud-est de la Pologne organisait du 9 au 11 mai les « Journées citoyennes de l’Europe » et invitait à cette occasion ses villes jumelées: Morlaix Communauté, Morlaix, Saint-Martin-des-Champs, Saint-Thégonnec, Douchy les Mines (59), Lhöne (D) et Tsizaföldvar (Hongrie). Chaque commune était chargée d’intervenir sur la citoyenneté lors d’une conférence devant plus de 200 personnes et proposait à la population locale un spectacle le samedi après-midi. La Maison du tourisme accompagnait la délégation pour faire la promotion du Pays de Morlaix et communiquer sur la Bretagne et le Finistère.
P1130337La délégation de Morlaix était composée de 45 personnes, principalement les membres des Korollerien Bro Montroulez et du Bagad Sonnerien Bro Montroulez qui ont assuré ensemble le spectacle du samedi après-midi pour la Bretagne, sur la grande place face, à la Maison de la culture. Entourés des musiciens du bagad, les danseurs portaient les costumes du Trégor, du Léon, de Morlaix et la tenue traditionnelle de la Manufacture des tabacs. Sacré dépaysement pour les slaves que de découvrir ce spectacle entièrement basé sur une culture traditionnelle mais qui sait soigner les changements de tonalité, les moments calmes et les temps forts, la précision des costumes, une rythmique moderne, du Kan ha diskan, la puissance des bombardes et des cornemuses… Les spectateurs qui allaient et venaient en fonction de la musique étaient plus nombreux à ce moment de l’après-midi. Les officiels polonais se souviendront de leur apprentissage de la gavotte et des quelques coups de canifs apportés au protocole pour les bretons…

Pendant les deux jours de l’événement, la Maison du tourisme proposait une découverte du territoire de Morlaix, mais aussi plus généralement du Finistère et de la Bretagne. À cette P1130267distance, il était important de localiser la région, de montrer le point commun essentiel entre la Bretagne et la Pologne (commun aussi avec l’Italie), la densité et la richesse du patrimoine religieux, de mettre en avant la proximité de la mer à tout endroit de la Région. Entre la conférence et la journée du spectacle, on peut évaluer à 300 le nombre des contacts, sans préjuger d’une concrétisation future: de jeunes couples comprenant l’anglais avec qui il était aisé de communiquer, des personnes entre deux âges qui parlaient un français approximatif mais « opérationnel » (souvent après un séjour en France) et des personnes plus âgées ne comprenant que le polonais avec qui le dialogue était plus difficile.

La Ville de Mielec, principalement industrielle et peu touristique, fait partie de la Région Subcarpathique (une sorte de Piémont des Carpates, au sud de Cracovie), qui s’ouvre P1130174actuellement au monde du tourisme en devenant plus accessible aux visiteurs: la création d’autoroutes pour connecter cette région à la limite de l’Ukraine est impressionnante (merci à l’Europe !). Avec Yvon Tanguy, Président de la Maison du tourisme, nous avons rencontré le directeur du tourisme de la Région. Simple curiosité dans un premier temps, l’entretien est devenu plus constructif, avec l’idée d’organiser des échanges de savoir faire autour de thématiques communes. Une coopération peut être envisagée sur l’accueil en offices de tourisme, la formation des prestataires et pourquoi pas (mais compliquée à mettre en oeuvre compte tenu de la distance) une promotion croisée qui prendrait appui sur la nouvelle ligne low cost qui va voir le jour entre Rzeszow (prononcer « Géchouf ») et Paris-Beauvais.

La distance entre les deux territoires est un obstacle pour une collaboration intensive. Mais le principe de réaliser ponctuellement une coopération permettant à chacun de découvrir une autre réponse à des problématiques qui nous sont communes (et dans le tourisme, il y a énormément d’enjeux classiques) peut mériter une tentative de rapprochement. Entre le premier contact, forcément aimable et emprunt de curiosité, et le début d’un travail de fond, il y a encore quelques obstacles à passer, que les fonds européens pourraient permettre d’atténuer.

Un grand merci à Karolina, notre traductrice, à Madgalena Pekalska qui a géré techniquement l’événement, à Jaroslaw, directeur du tourisme de la Région Subcarpathique et à Jacques Creignou, de l’association France Pologne de Morlaix.

Quelques images et vidéos à venir.