En vacances, je me suis transporté

Les mêmes collectivités qui exercent la compétence tourisme assument en parallèle la compétence « transport ». Après quelques années d’une répartition des rôles bien comprise, dans laquelle l’office de tourisme informe et le transporteur transporte, il est désormais temps de travailler sur un projet croisé.

Nous avons tous fait cette expérience de descendre dans les tunnels de métro, gare Montparnasse ou ailleurs, pour chercher une improbable station de métro supposée la plus proche de notre lieu de réunion. Nous avons tous fait cette expérience de descendre dans les tunnels d’un métro, à Londres ou ailleurs, parcourant le plan du réseau à chercher vaguement le quartier touristique, Chelsea, Soho, Oxford street… Le même geste, deux attentes différentes.

bbdfedb7a619c6d5_9iNXz892LxsbEI2Dans les deux cas, la prestation apporte la même garantie d’accéder à ma destination en payant un tarif modique connu. Dans les deux cas, en situation dans une grande ville métropolitaine, le métro ou le tram, notamment, sont un recours spontané, simple et efficace.

Dans nos destinations à forte connotation rurale ou centrées sur des petites ou moyennes villes, les réseaux de transport collectif ont fait un progrès immense. Le transfert de la compétence « transport » au niveau communautaire et la capacité grandissante des EPCI à communiquer entre eux permettent de densifier le réseau urbain, le réseau intercommunal et de faire grandir les lignes inter-urbaines, ferroviaires (TER) ou par la route. Mais tout ceci se construit patiemment dans une logique « client » bien comprise: objectif « domicile – travail ». La règle est le maillage réaliste qui arrose une zone urbaine et se déploie de façon minimaliste et malgré tout réel vers les périphéries des villes, vers les communes rurales, dans un territoire délimité administrativement. Le client est un usager. Le réseau lui est dédié et la notion de service public est mise en avant: offrons une solution au maximum de personnes, au maximum de communes, tout en visant une efficacité immédiate et une rentabilité (un équilibre) à moyen terme sur certaines lignes. La collectivité assure aux habitants une forme de solidarité dans le déplacement interieur au territoire, parfois régulière, parfois « à la demande ». Mais je ne suis pas un spécialiste.

Qui n’a pas relu trois fois les horaires des trains pour être certain d’identifier le bon créneau, le bon trajet ? Si j’habite là et que le transport fait partie de mon quotidien, j’accepte aisément que mon transporteur me parle comme à un expert comptable, aligne les petits chiffres, pour me repérer dans les horaires. J’assimile l’information et elle devient un cadre que je respecterai.

Si je suis un touriste, en situation de préparation de séjour, j’ai la demande similaire d’être rassuré d’accéder à la prestation une fois sur place. Je veux être certain:

– de la permanence du service, en quoi il sera une contrainte pendant mon séjour (fin du service en soirée par exemple) ou une opportunité divsersifiée

– de la destination, c’est à dire de la distance entre le point le plus proche du réseau et ma destination (mon hébergement par exemple)

– de bien anticiper les coûts engendrés sur place

br85_2078196_1_px_470_Il faudrait aujourd’hui, hors environnement urbain, disposer d’une tournure d’esprit aventureuse que de vouloir préparer un séjour sur la base du transport collectif quand on se rend dans une destination rurale. Surtout si elle est riche en patrimoine comme c’est le cas généralement en Bretagne. La cloison qui sépare le service transport du service tourisme, elle est comme la Muraille de Chine: elle se voit, se ressent de très très loin… Comment je fais de la gare à mon hébergement ? Comment je fais pour me rendre de mon hébergement à la plage, à l’écomusée, à l’enclos paroissial, au point VTT… ?

Le paradoxe de disposer d’une offre de plus en plus professionnelle et « prête à l’emploi » rendue illisible pour nos visiteurs d’un jour ne devrait plus exister si nous faisions ce travail de prendre par la main nos clients et que les offices de tourisme deviennent des « apporteurs d’affaire » pour les réseaux de transport. Comment s’y prendre ?

– La première idée est de croiser les points d’intérêt touristique et l’offre de transport existante, de grossir le trait sur les axes les plus porteurs pour les visiteurs, non pas en vantant les mérites de la ligne 3 mais en démontrant l’accessibilité de la plage ou du complexe aquatique par le transport en commun. La destination prime le moyen de s’y rendre. C’est notre métier.

– La seconde idée est de fendre la cloison et d’infuser l’idée qu’un traitement particulier doit marquer les points d’intérêt touristique sur le réseau de transport. On peut parler de la dénomination sur la ligne: dommage d’appeler l’arrêt « rue Ernest Renan » s’il se trouve à 20 mètres de la plage des Sables Blancs. On peut parler d’un marquage physique particulier sur l’arrêt qui dira aux clients réguliers que ce lieu est touristique et rassurera le visiteur occasionnel en indiquant qu’il est régulièrement desservi. On peut aussi parler de signes forts pour exprimer la perméabilité entre le tourisme et la prestation de transport, comme le dessin des vagues sur les bus qui devient le bus des plages, l’intégration de widgets « animations touristiques » sur les sites internet des transporteurs et de widgets « horaires des bus » sur les sites web touristiques.

– La troisième est ce travail à réaliser auprès des « prescripteurs non utilisateurs » que sont nos prestataires qui connaissent mal l’offre pour ne pas l’utiliser régulièrement.

 

 

 

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