Lanvaudan, le petit Locronan, en Morbihan

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Il y quatre routes qui mènent au bourg de Lanvaudan, venant de Plouay, Inzinzac-Lochrist (Hennebont), Inguiniel ou Calan (Lorient). En entrant dans le bourg, sur chacun de ses axes, on passe devant une maison d’un parent proche: cette information aussi stupide qu’anecdotique m’est très personnelle et m’autorise à affirmer que je suis originaire de là. Mais, ce qui rend intéressant le bourg de Lanvaudan c’est cette sensation, arrivé sur place, d’avoir déniché un des plus beaux villages de Bretagne.

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La maison « Arthur et Marie »

Quel est le cliché de l’habitat traditionnel en Bretagne ? Une maison en pierres de taille et toit de chaume, une longère, devant laquelle on vient de planter un hortensia. Lanvaudan est, dans cette logique, une enfilade de clichés. Autour de l’église, les longères y sont majoritaires, le granit la couleur dominante, le chaume un signe d’excellence… Contrairement à d’autres bourgs bretons, Lanvaudan, sans doute par manque d’ambition ou d’argent, n’a pas connu au cours du XXè siècle la mutation architecturale classique qui consistait à remplacer l’habitat paysan traditionnel, sombre et malcommode par la maison cubique, blanche, surmontée d’un toit en ardoise à deux pentes… Pendant des décennies, les habitants de la commune préféraient construire sur les terrains environnant plutôt que de détruire les anciennes maisons pour libérer les parcelles. Le bourg s’est peu à peu décalé de part et d’autre des maisons traditionnelles, qui étaient laissés à l’abandon pendant des décennies. La plus célèbre d’entre elles, la Maison à la niche au chien, la plus proche de l’église, était, dans les années 70, réduite à quatre murs abritant des ronces.

Les années 70 ont été un tournant comme souvent dans la façon d’appréhender ces ruines. Le granit devenait de plus en plus la touche de distinction dans l’architecture néo-bretonne. Certains propriétaires, les plus prospères  n’hésitant pas à passer commande de linteaux sculptés qu’on achetait aux paysans pour les intégrer aux constructions neuves (le même phénomène a eu lieu dans le Trégor pour se doter d’ardoises du Pays devenues

Le Gîte "Le Roseau"

Le Gîte « Le Roseau »

rares). Dans le même temps, les enfants qui avaient grandi dans les longères et s’étaient libérés de la « pénombre » et du sol en terre battue restaient perplexes quand les premiers rénovateurs se sont mis au travail. Les premières maisons neuves entièrement en pierres de taille ont précédé la rénovation de maisons anciennes. Et petit à petit, l’ancien habitat, parfois transformé en écurie, prenait plus de valeur que la banale bâtisse de forme carrée construite, tout à côté, au début du siècle.

Le bourg de Lanvaudan apporte une excellente lecture sur ces phénomènes. On y trouve tous les cas de figure:

– la longère rénovée dans le respect de son histoire (la majorité des maisons remarquables)

– la maison du début XXè dont on a  retiré l’enduit pour mettre à nu une pierre parfois hétéroclite

– la maison entièrement en granit d’une cinquante d’années

– la maison à façade de granit sur un côté (côté église) par décision conforme de l’architecte des Bâtiments de France

– la maison blanche classique, avec ou sans élément de pierre apparente

– le linteau en béton en guide de cicatrice après ablation du linteau sculpté original

P1070376Le bourg de Lanvaudan vaut le détour, comme disent les journalistes. Mais cette information est une des moins partagée à destination des touristes en Bretagne. Il est d’ailleurs très fréquent que les bretons eux-mêmes confondent Lanvaudan et Landévan, dont le nom est visible sur un des axes principaux de Bretagne sud, la RN 165. Cette relative indifférence fait partie du charme de la découverte.

Parfois, on raconte que Lanvaudan était en concurrence avec Locronan pour recevoir les faveurs de l’État pour la préservation de son patrimoine… et que la commune finistérienne a finalement été choisie. Mais s’agit-il d’une rumeur ?

En breton, Lanvaudan se dit « Lovedan ».

À découvrir sur place:

Les jouets en bois « Arthur et Marie »

Le gîte de groupe « Rando Accueil » « Le Roseau »

À quelques kilomètres du bourg, à Sebrevet: Le Moulin de SebrevetLa crêperie de Sebrevet et Le Blavet,

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